Commentaire : De la Justice dans la Révolution et dans l’Eglise, I – Proudhon et le Mutuellisme, Partie 8

Introduction

 

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De la Justice dans la Révolution et dans l’Eglise est sans aucun doute l’ouvrage le plus important de Pierre-Joseph Proudhon, totalisant plus de 1600 pages. C’est la raison pour laquelle, à la série d’articles portant sur Proudhon et le mutuellisme, va être adjointe une série de commentaires portant sur De la Justice.

 

De la Justice est une tentative faite par Proudhon de présenter une pensée totale, abordant des sujets divers tels que la philosophie, la politique, l’économie, la justice, l’éducation, l’art, l’histoire ou encore la sexualité.

L’ouvrage est structuré sur une dichotomie, qui est celle de l’Eglise et de la Révolution. Prenant le parti de la Révolution, Proudhon s’attache à présenter puis critiquer les positions de l’Eglise, représentative de l’ordre établi, du gouvernement de droit divin et du conservatisme, sur divers sujets, avant d’avancer sa propre contre-proposition révolutionnaire.

Proudhon s’oppose parallèlement au libéralisme et sa doctrine du « laissez-faire, laissez-passer », qui représente pour lui un recul des idées, une absence de philosophie ; et il se montre tout aussi hostile au communisme utopiste, qui ne fait à ses yeux que reprendre à son compte la thèse de l’Eglise.

 

Proudhon et l’hégélianisme

Portrait de Hegel par Schlesinger (1831)

 

L’accent mis par Proudhon sur la critique de « l’Eglise » tend à obscurcir sa dénonciation du libéralisme. On note que le semblant de dialectique hégélienne que Proudhon avait tenté d’appliquer dans son « système des contradictions économiques », en tant que principe de réconciliation des formes contraires en une synthèse supérieure, paraît avoir été abandonnée dans De la Justice. Pourtant, Proudhon en esquisse le mouvement dans la première partie de son ouvrage, où il débute une opposition du libéralisme et du système de l’Eglise avant de révéler une synthèse révolutionnaire ; mais cette opposition s’arrête là, la doctrine libérale étant ensuite en grande partie ignorée, Proudhon ne semblant pas la reconnaître comme une idéologie à part.

Une dialectique historique proudhonienne ?

Se rangeant derrière l’idée progressiste d’une évolution positive des sociétés au fil de leur succession dans le temps, Proudhon paraît également voir dans le mouvement de l’histoire une suite continue d’établissement de régimes nouveaux et leur déliquescence, déliquescence à laquelle un nouveau régime s’oppose en mettant en avant des principes strictement contraires à ceux de l’ordre établit.

Ainsi, le christianisme s’établit comme critique de l’état dans lequel était rentré le monde antique. Régime du droit, l’empire romain sombre dans le despotisme et l’idéalisme du pouvoir impérial ; le christianisme le remplace, avant d’entrer à son tour en crise. Le libéralisme est alors en un certain sens la marque de l’échec de l’Eglise.

Il s’agit alors, pour régénérer la société, selon Proudhon, de ne pas sombrer à nouveau dans un régime idéaliste, à l’image des socialistes utopistes, un système invariablement condamné à la déliquescence, mais embrasser un système refusant l’idéalisme et le principe d’idée « absolue » au profit du régime de la raison et de la Justice : le système de la Révolution.

 

 

Sommaire du commentaire :

I – Introduction

II – Justice, Liberté et Idée du progrès : « La Justice est humaine, rien qu’humaine »

III -L’Etat, ou l’Anarchie

IV – Le programme Economique et Social

V – Une théorie de la Science

VI – Une théorie des Lois

VII – Proudhon, les femmes et la sexualité

 

 

Bibliographie utilisée pour la série d’articles sur De la Justice :

 

La vaste majorité de l’analyse se base sur l’ouvrage De la Justice lui-même ; la série d’article en faisant un compte rendu

-PROUDHON, Pierre-Joseph, De la Justice dans la Révolution et dans l’Eglise, Paris, 1858

 

Ouvrages secondaires :

-MACHEREY, Pierre, « Le quasi-Hégélianisme de Proudhon », La Philosophie au sens large, consulté le 22 Juillet 2019 :

https://philolarge.hypotheses.org/875

-BREHIER, Emile, Histoire de la Philosophie, Tome III, Paris, 1981

-POTIER, Jean-Pierre, Le socialisme de Léon Walras, L’Economie Politique, n°51, Paris, 2011

-GUERIN, Daniel, Proudhon, un refoulé sexuel, 1969

-BAKOUNINE, Michel, Catéchisme révolutionnaire, 1866

 

 

 

< Proudhon sous le Second Empire – Proudhon et le Mutuellisme, Partie 7
De la Justice dans la Révolution et dans l’Eglise : Justice, Liberté et Idée du Progrès – Proudhon et le Mutuellisme, Partie 9 >

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