Proudhon et l’histoire du mutuellisme proudhonien ; une genèse de l’anarchisme et du socialisme

S’il existe un fondateur du socialisme moderne avant Karl Marx, c’est Pierre Joseph Proudhon. Premier à entreprendre la théorisation d’un « socialisme scientifique », en rupture avec le socialisme mystique ou utopiste français des St-Simoniens ou de Fourier, et premier à faire une réfutation systématique de la propriété dans « Qu’est-ce que la propriété ? » (1840) Proudhon possède une influence fondamentale sur la gauche anticapitaliste, ayant été ainsi à la fois un inspirateur de l’anarchisme Bakouniniste et, de façon plus ténue, du marxisme.

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Proudhon par Clifford Harper

Souvent interprété à tort et à travers du fait de son style littéraire « ampoulé », les théories proudhoniennes ont été sujettes à de nombreuses tentatives de réfutation (de la part de Karl Marx, de Léon Walras, d’Adolphe Thiers, de Mikhaïl Bakounine…) ayant parfois manqué leur but. Proudhon dénoncera régulièrement la « mauvaise foi » de ses adversaires, dénaturant volontairement selon lui ses idées.

Nous ne prétendons pas ici, du fait de la complexité de sa pensée et des interprétations diverses qui en ont été faites, à exposer la pensée proudhonienne dans toute son exactitude et toute son entièreté ; nous visons néanmoins, dans cette série de douze articles, à exposer du point de vue du socialisme anti-autoritaire les théories de Proudhon.

Ces douze articles, qui seront publiés de façon bi-hebdomadaire à compter du 16 Juin, se décomposeront de la façon suivante :

Première Partie : Les fondements du mutuellisme et d’un « socialisme scientifique » (1840-1848)

1- L’idée d’une révolution : Qu’est-ce que la propriété ?

2- Le système des contradictions économiques ; l’approfondissement de l’analyse et critique mutuelliste du capitalisme

3- Liens et rupture entre proudhonisme et marxisme

Seconde Partie : La révolution de 1848, le mouvement ouvrier et l’expérience des associations ouvrières ; leur influence sur le mutuellisme proudhonien (1848-1852)

4- La révolution de Février

5- Proudhon, député de la seconde république

6- La banque du peuple, projet inabouti

Troisième Partie : Proudhon et le mutuellisme sous le second empire (1852-1865)

7- Le Second Empire, Proudhon et le mouvement ouvrier

8- De la Justice, dans la Révolution et dans l’Église : L’œuvre majeure de Proudhon ?

9- Du principe fédératif

Quatrième Partie : La postérité du proudhonisme

10- La première internationale (1864-1876) : Du mutuellisme au collectivisme

11- La postérité outre-atlantique : le mutuellisme individualiste américain

12- Les ré-émergences du mutuellisme au XXème siècle

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Proudhon par Charles Corbineau (1859)

Les sources utilisées pour la rédaction de ces articles sont avant tout les ouvrages principaux de Proudhon ; sont également utilisés les différents articles de commentaires et de critiques existants et concernant l’œuvre de Pierre-Joseph Proudhon.

Né en 1809, à Besançon, dans une famille d’origine paysanne, il devient à l’âge de dix-neuf ans ouvrier-typographe. Classe sociale en moyenne plus instruite que le reste des ouvriers, les ouvriers-typographes forment au XIXe siècle l’une des avant-gardes du mouvement ouvrier, en participant activement aux clubs, aux cercles d’études, et ayant la capacité d’éditer leurs propres journaux. En contact avec des ouvrages républicains et socialistes, Proudhon se rallie au projet démocratique.

Arrivé à Paris en 1838, il suit les cours d’économie d’Adolphe Blanqui (frère aîné du révolutionnaire Auguste Blanqui) et se familiarise avec les écrits de Jean-Baptiste Say, d’Adam Smith qui ont une influence importante sur lui.

Après la publication de plusieurs essais, Proudhon rédige en 1840 « Qu’est ce que la propriété ? », ouvrage fondateur de la pensée économique Proudhonienne, et, par conséquent, de l’anarchisme.

L’étude de cette pensée, du fait de son caractère central, est donc une nécessité pour pouvoir comprendre les bases non seulement de l’anarchisme mutuelliste, mais aussi du socialisme libertaire ; ainsi que pouvoir appréhender les liens et les oppositions existants entre l’école proudhonienne et celle marxiste.

Les fondements du mutuellisme – Partie 1, l’Idée d’une Révolution >

3 commentaires sur “Proudhon et l’histoire du mutuellisme proudhonien ; une genèse de l’anarchisme et du socialisme

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