La Makhnovchina Ukrainienne (1918-1921)

Drapeaux des Makhnovistes

La Makhnovchina désigne à la fois l’Armée Révolutionnaire Insurrectionnelle d’Ukraine (ARIU) dirigée par l’anarchiste Nestor Makhno, le territoire contrôlé par cette armée, ainsi que l’ensemble du mouvement et des activités anarchistes d’Ukraine affiliées à l’ARIU de la fin de l’année 1917 à Août 1921. L’objectif de l’ARIU était de mettre sur pied en Ukraine une société basée sur les principes anarchistes.

« Makhnovchina » signifie « Mouvement de Makhno » ; il s’agissait d’un terme inventé par les bolcheviques puis repris par les insurgés eux-mêmes. Un autre surnom est celui d’ « armée noire », le noir étant la couleur de l’anarchisme.

L’armée noire est l’une des quatre principales factions qui luttèrent pour le contrôle de l’Ukraine durant la révolution russe, avec l’armée rouge des bolcheviques, l’armée blanche des monarchistes contre-révolutionnaires, et la « Petliourovchina », les nationalistes ukrainiens -Qui s’allieront après coup à l’armée blanche -. Agiront également en Ukraine les « armées vertes » (Désignant principalement des groupes de petites tailles faisant du banditisme ou des insurrections paysannes) et l’ «Armée bleue » de Tambov, aussi nommée « Antonovchina » et affiliée aux socialistes-révolutionnaires de gauche.

I/Février 1917-Mars 1918 : Les débuts du territoire libre en Ukraine

Nestor Makhno (1889-1934)

Voline (1882-1945), historien et militant de la Makhnovchina. Partit en France après la fin de la révolution, il participera du fait de son statut de juif et d’anarchiste à la Résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale.

Carte de l’Ukraine actuelle

C’est avec la Révolution de Février 1917, qui vit le renversement du tsarisme et l’installation du gouvernement provisoire de Kerensky (qui voulait poursuivre la guerre contre l’Allemagne) que les mouvements anarchistes commencèrent à prendre pied en Ukraine.

Alors qu’en Russie les soviets (Les conseils alors démocratiques d’ouvriers, de paysans et de soldats), les socialistes révolutionnaires de gauche, les Mencheviks et les Bolcheviks profitaient des erreurs du gouvernement provisoire et de la situation de plus en plus catastrophique sur le front pour se poser comme seules alternatives capables d’apporter « La paix et le pain » au peuple, Nestor Makhno, paysan pauvre puis militant anarchiste qui avait été jeté en prison par le régime tsariste (puis libéré lors de la révolution de Février), milita pour l’anarchisme en Ukraine et gagna en notoriété de fait de son passé d’opposant au tsarisme.

Les sociaux-démocrates (Bolcheviques et Mencheviques) étaient peu présents en Ukraine, et leur programme, qui originellement ne prenait pas en compte les besoins de la paysannerie, fut peu influent, laissant les coudées franches d’un côté aux indépendantistes ukrainiens partisans d’une république libérale et de l’autre les anarchistes.

Simon Pétlioura (1879-1926), leader des nationalistes Ukrainiens

Makhno avait des vues claires ; et voulait la « Transformation absolue de toute les terres, de toutes les usines, en propriétés de la société, la suppression de l’État […]. ». Peu de temps après sa libération le 1er Mars 1917, il fonda à Goulaï Polyé un syndicat des ouvriers agricoles et un soviet local, qui s’employa rapidement à exproprier les grands propriétaires et redistribuer les terres. Makhno sera élu président de plusieurs organisations de travailleurs du midi de l’Ukraine.

À la fin de l’année 1917, les conseils de paysans de la région finirent d’organiser les communes agricoles et le partage des terres. Des détachements de combat étaient composés sur la base du volontariat. La liberté totale de la parole, de la presse et d’association était proclamée, ainsi que pour les travailleurs le droit d’échanger librement le produit de leur propre travail.

Les makhnovistes souscrivaient entièrement à la devise des bolcheviques de l’époque : « L’Usine à l’Ouvrier, la Terre au Paysan ».

L’influence des anarchistes concurrença bien vite le pouvoir des nationalistes de la « Rada Centrale », qui se proclamait gouvernement légitime d’Ukraine.

L’impréparation des anarchistes face à une révolution soudaine fut compensée en Ukraine par la capacité d’improvisation des paysans. Mais en Russie, les anarchistes furent bien vite marginalisés par les bolcheviques dont l’organisation supérieure et les mots d’ordres (« Tout les pouvoirs aux soviets ! ») remportèrent l’adhésion d’une partie importante de la population.

La révolution d’Octobre arriva courant Novembre en Ukraine.

II/Mars 1918-Novembre 1918 : De Brest-Litovsk à l’armistice de 1918

Territoires cédés à la triple alliance par les bolcheviques au traité de Brest-Litovsk

Après la révolution d’Octobre rouge, Lénine se montra soucieux de sortir au plus vite de la première guerre mondiale pour respecter sa promesse de donner « le pain et la paix » à la population. Les bolcheviques prirent donc la décision de négocier la paix avec l’Allemagne.

Cette décision fut critiquée par les éléments à gauche du parti bolchevique, tels que les socialistes-révolutionnaires de gauche, les maximalistes et les anarchistes qui s’opposèrent à cette méthode « politique » et proposèrent plutôt d’évacuer le front, de laisser les troupes allemandes et autrichiennes s’aventurer dans les profondeurs du pays et ensuite mener contre elles une guerre de partisan ; ce programme était inspiré de la défense russe contre Napoléon. Les bolcheviques rejetèrent cette idée.

Les négociations aboutirent au Traité de Brest-Litovsk, le 3 Mars 1918 : en échange d’une paix séparée, le nouveau gouvernement de Russie donnait à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie d’importants territoires, dont l’Ukraine qui passe sous occupation Autrichienne.

L’autoproclamé « Hetman » Skoropadsky, soutenu par les allemands, renversa fin Mars la Rada Centrale pétliouriste ; il prit immédiatement des mesures autoritaires pour empêcher une révolution sociale. De Juin à Août se déroula une répression des villages paysans qui s’opposaient aux réquisitions imposées par l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie.
La paysannerie ukrainienne entra dès lors en guérilla, une guerre d’embuscade, contre l’Hetmanat et contre les troupes d’occupation. De nombreux groupes de partisans, comptant entre quelques dizaines et une centaine de membres, souvent des cavaliers, se formèrent pour harceler les occupants et protéger les villages. Makhno organisa dans son village de Goulaï-Polyé un groupe destiné à protéger le soviet local. Ce mouvement de résistance spontané et désorganisé fut peu à peu uni.

L’Hetman Skoropadsky (1873-1945)

Les principaux corps d’insurgés étaient alors celui de Kourilenko dans la région de Berdiansk, celui de Schuss dans la région de Dibrivka, celui de Pétrenko-Platonov à Grichino, et enfin celui de Makhno dans la région de Goulaï-Polyé. C’est à ce dernier que les principaux groupes se joignèrent.

Les Makhnovistes adoptèrent un style de combat fondé sur l’effet de surprise, l’embuscade, la guerre éclair. Rappelant les méthodes de combats des cosaques zaporogues, la Makhnovchina se concentra sur la cavalerie ; l’infanterie se déplaçait sur des chariots, lui conférant une véritable mobilité (Capable de couvrir 60 à 80 kilomètres par jour sans trop de fatigue). Les Makhnovistes devinrent capables de frapper n’importe où, très rapidement.

Tachanka Makhnoviste

Plus que tout, l’arme emblématique du mouvement, la Tachanka, résume son style de guerre : combinant la mobilité d’un chariot avec la puissance de feu d’une mitrailleuse Maxim, elle était capable de mener des raids éclairs dévastateurs ou se camoufler en charrette de paysan pour monter des embuscades.

Les troupes d’occupations autrichiennes et allemandes furent repoussée rapidement par les makhnovistes, qui purent occuper les villes de Taganrog, Rostov et Tzaritsine (aussi connue sous le nom de Stalingrad). Le champs d’action des anarchistes ukrainiens s’étendit de Lozovaïa à Marioupol et Berdiansk, et de Louhansk à Alexandrovsk.

Au milieu de l’année 1918, Makhno se rendit en Russie. Il y rencontra Lénine avec qui il s’entretint sur le sujet de la révolution en Ukraine (Il relatera la discussion dans ses mémoires), ainsi que Kropotkine, le théoricien de l’anarcho-communisme.

Makhno revint désabusé face à l’échec des anarchistes en russie et commença à se méfier des ambitions de Lénine. Ce fut à ce moment que l’Armée Révolutionnaire Insurrectionnelle d’Ukraine devint un mouvement révolutionnaire autonome et non plus un mouvement de résistance et de guérilla mal organisé.

L’armistice de 1918 donna un certain répit aux anarchistes ukrainiens, avec le retrait des troupes d’occupation par les empires centraux, alors en proie à des insurrections.

En Novembre, les makhnovistes recapturèrent Goulaï Polyé. En Décembre, Skoropadsky s’enfuit ; les pétliouristes en profitèrent pour se réaffirmer à nouveau gouvernement légitime de l’Ukraine.

III/Novembre 1918-Juin 1919 : Le calme avant la tempête

Cette période permit à la paysannerie ukrainienne se s’organiser davantage. Une série de congrès régionaux de paysans et ouvriers furent tenus, et eurent pour but d’étudier les questions économiques et la reconstruction du territoire. Lors du deuxième congrès régional, tenu à Goulaï Polyé le 12 Février 1919, fut voté un appel à la paysannerie Ukrainienne à la « mobilisation générale » sur base de volontariat. Du fait de la carence très importante en armement, 90% des volontaires ne purent être équipés et ne furent donc pas engagés. La constitution d’un « Conseil Révolutionnaire Militaire » fut également votée.
Les élections des « Soviets libres » communaux furent organisées également.

Insurgés makhnovistes

Face à la répression des opposants politiques de tout bord par les bolcheviques au nom de la lutte contre les contre-révolutionnaires, les anarchistes russes, dont Voline et Archinov, rejoignirent la Makhnovchina, qui commença à affirmer son indépendance vis-à-vis du pouvoir communiste. La mainmise progressive des partis communistes sur les soviets fut critiquée.

Mais bolcheviques et anarchistes décidèrent de s’allier quand, à l’Ouest, les armées blanches, commandées pat Anton Dénikine lancèrent une offensive sur la Russie, destinée à restaurer le tsarisme.

IV/Juin 1919-Septembre 1919 : De l’offensive des blancs à la bataille de Perogonovka

Anton Dénikine (1872-1947), commandant des « armées blanches » monarchistes dans le Caucase

Carte de l’offensive de l’été 1919 menée par Anton Dénikine

Dénikine lança une série d’offensives qui s’enfoncèrent profondément dans le territoire russe.

Dès le début de l’année 1919, l’infiltration des forces du général blanc Chouri au niveau du Don et du Kouban menaça les makhnovistes depuis le sud-est ; dans un même temps les forces de Dénikine capturèrent la ville de Taganrog et y installèrent leur quartier général.

Dénikine considérait comme une priorité l’écrasement des makhnovistes qui menaçaient son flanc gauche.

Les makhnovistes repoussèrent les premières attaques avant d’être contraint à accepter une alliance instable avec les communistes. Ces derniers dépêchèrent dans les villages ukrainiens makhnovistes des « commissions extraordinaires » (des troupes de la Tchéka) qui furent pour la plupart chassées par les habitants.
Une antipathie alla de fait s’installer entre bolcheviques et makhnovistes, les premiers voulant que Makhno intègre l’armée rouge tandis que les seconds voulaient garder leur indépendance. Makhno critiqua largement « L’Étatisme » et le centralisme des bolcheviques. Trotsky, quand à lui, qualifia dans ses journaux Makhno de « Koulak déchaîné », de « petit spéculateur », et ses troupes d’ « Anarcho-bandits » et de « Koulaks en émeute ». Trotksy tenait Makhno responsable des défaites de l’armée rouge en Ukraine.

Le 10 Avril 1919, les makhnovistes organisèrent un troisième congrès régional. Ayant été organisé sans l’autorisation des bolcheviques, il fut déclaré hors-la-loi par ces derniers, qui ne purent empêcher sa tenue.

Le 6 Juin 1919, Goulaï Polyé fut capturée par les armées blanches, avant de changer de mains à plusieurs reprises. En Mai, Dénikine lança une offensive vers le nord, et en Juin, l’armée des volontaires rentra dans Kharkov.

Face à la gravité de la situation, un nouveau congrès régional fut convoqué pour le 15 Juin. En réaction, Trotsky promulgua l’ordre n°1824, dans lequel il ordonnait d’attaquer les makhnovistes qui défiaient la direction de l’armée rouge.
Finalement, les troupes bolchevistes se retirèrent pour défendre les régions centrales de la russie communiste menacée par l’avancée de Dénikine, qui avait désormais Orel à portée de main. Entretemps, les armées blanches conclurent une alliance avec les forces nationalistes de Pétlioura.

Les Makhnovistes furent forcés à la retraite pendant quatre mois. Ils se retranchèrent dans un premier temps sur le Dnièpr, où, près d’Alexandrovsk (aujourd’hui Zaporijia), ils tinrent le pont de Kichkas.

Pont de Kichkas, sur le Dnièpr

Ils se replièrent ensuite sur Dolinskaïa puis à Elisabethgrad. À Dobrovélitchkovka, Makhno put enfin réorganiser l’armée insurrectionnelle. Il reçut le soutien de détachements de l’armée rouge en Crimée qui s’étaient soulevés contre le commandement bolcheviste. La makhnovchina compta alors 20.000 combattants, dont 2 à 3000 cavaliers regroupés sur la direction de Schuss et 500 mitrailleuses.

Cavaliers Makhnovistes

Fyodor Schuss (1893-1921)

La bataille de Perogonovka

Carte de la situation en Ukraine avant Peregonovka

Les anarchistes contre-attaquèrent le 25 Septembre. Les avant-gardes de Dénikine présentes à Kratenkoïe furent culbutées et reculèrent. Dans la nuit du 26, Makhno se servi de la percée ainsi créée pour attaquer les principales forces de l’armée des volontaires (Le corps d’armée blanc se battant sur le front ukrainien) regroupées à Pérogonovka. La majeure partie des insurgés attaqua de front, tandis que Makhno prit la direction d’un corps plus réduit pour attaquer de flanc les dénikiniens. Il ne put intervenir qu’en début d’après-midi. La manœuvre fut un succès; les troupes blanches battirent en retraite et l’état-major des troupes de Pérogonovka fut capturé.

Carte de la situation après la bataille de Pérogonovka ; la contre-attaque makhnoviste et le territoire contrôlé par ces derniers fin 1919.

Grâce à la percée du flanc gauche de Dénikine à Pérogonovka, les makhnovistes purent exploiter brièvement leur victoire. Dolinskaïa fut recapturée le 28. Le 5 Octobre, tout le midi de l’Ukraine fut à nouveau dans les mains de l’armée révolutionnaire insurrectionnelle. Ékatérinoslav fut reprise ; Kharkov et Poltava étaient à nouveau à portée des makhnovistes.
Les lignes de ravitaillement de l’armée de Dénikine furent désorganisées par l’armée noire, qui après un affrontement de cinq jours captura les grandes réserves de munitions de Volnovakha.

L’armée blanche, se retrouvant menacée sur ses arrières, abandonna définitivement son offensive sur Orel et battit en retraite.

V/Septembre 1919-Mars 1920 : De la défaite de Dénikine à la campagne de Wrangel

Membres du conseil révolutionnaire militaire ; au premier plan au centre, Makhno

Le 20 Octobre 1919 fut convoqué à Alexandrovsk (Zaporijié) un congrès régional des travailleurs, destiné à discuter de la réorganisation et de la relance de l’activité économique de la région. Il dura trois jours.

En décembre 1919, la force de l’armée révolutionnaire insurrectionnelle d’Ukraine atteignit son point culminant : Elle comptait désormais 83.000 fantassins, 20.000 cavaliers, 1.435 mitrailleuses, 118 pièces d’artillerie, 7 trains blindés et quelques automitrailleuses.

Cavaliers makhnovistes

Train blindé

La victoire sur Dénikine rapprocha un temps bolcheviques et anarchistes, mais cela ne dura pas : en Janvier 1920, Makhno était déclaré à nouveau hors-la-loi et les makhnovistes comme des troupes contre-révolutionnaires. Des combats de basse intensité débutèrent.

En Mars 1920, Dénikine démissionna, laissant sa place à Wrangel, qui lança une nouvelle attaque contre les territoires contrôlés par les révolutionnaires ; il captura la Crimée. Pour une seconde fois, les bolcheviques conclurent un cessez-le-feu avec les makhnovistes pour faire face aux armées blanches.

VI/Mars 1920-Novembre 1920 : de l’offensive de Wrangel à l’attaque surprise de l’armée rouge

Pyotr Wrangel (1878-1928)

Les makhnovistes, sous la pression de l’armée de Wrangel, reculèrent à nouveau.
À la mi-octobre, la makhnovchina put contre-attaquer en direction de Pérekop. L’accord entre l’armée rouge et l’armée noire permit aux deux factions de coordonner leurs forces pour repousser Wrangel.

La bataille de Pérekop

La bataille débuta le 4 Novembre. L’objectif pour la coalition des bolchevistes et des makhnovistes était de faire sauter le verrou formé par la ville fortifiée de Pérekop devant la péninsule de Crimée.

Carte de la bataille de Pérekop. Les makhnovistes y sont désignés sous le nom de « Black army »

L’armée rouge commença par fixer les troupes blanches de Pérekop (10.000 combattants). Cela permit à la cavalerie makhnoviste commandée par Martchenko, suivie par le régiment de mitrailleurs de Kojine, de traverser le détroit gelé de Syvach, alors défendu par 3.000 soldats de l’armée blanche.
Ils purent ainsi menacer les arrières des troupes occupant Pérekop, qui se retirèrent pour éviter l’encerclement.
Le corps d’armée makhnoviste de Karetnik, jusque là en réserve, eut dès lors les mains libres pour foncer sur Simféropol qui fut enlevée d’assaut le 14 Novembre. Le 17 Novembre, la péninsule était entièrement sous contrôle.

Au premier rang au centre (avec une casquette), Simon Karetnik (1893-1920)

Les anarchistes en Ukraine tentèrent entretemps de mettre à profit la période d’accalmie dans le midi de l’Ukraine pour en continuer l’organisation économique. Un nouveau soviet local libre fut établi. La question de l’instruction de la population fut abordée ; une commission, chargée de mettre au point un programme d’éducation publique, élabora des plans inspirés des idées de l’anarchiste Francisco Ferrer.

Un quatrième congrès régional anarchiste fut projeté à Kharkov, mais n’eut pas le temps de se mettre en place.
En effet, les bolchevistes, voulant s’assurer du contrôle de l’Ukraine, se retournèrent une troisième fois contre les anarchistes.

Le 25 Novembre, une grande partie des officiers makhnovistes présents en Crimée, dont Karetnik, tombèrent dans un guet-apens monté par la Tchéka et furent fusillés. Martchenko, Taranovsky et une infime partie de leurs troupes purent s’enfuir en passant par Pérekop.
Les négociateurs ukrainiens des trêves entre communistes et anarchistes furent arrêtés et exécutés, ainsi que les représentants anarchistes présents à Kharkov. Le 26, la ville de Gouliaï-Poliè était attaquée par l’armée rouge.

VII/Novembre 1920-Août 1921 : La fin de la makhnovchina

Taranovsky ( ?-1921), il est le dernier chef d’État major de l’armée makhnoviste

Le 7 Décembre, les survivants de l’embuscade en Crimée atteignirent le village de Kermentchik où se trouva Makhno. Ce dernier réorganisa une armée de quelques milliers de fantassins et de cavaliers.
L’armée noire fut dès lors condamnée à mener un ultime combat de guérilla.

Une bataille fut menée à Andréevka ; plus de 8.000 soldats bolcheviques furent capturés. Quelques autres victoires à la portée limitée furent remportées ; avant que les makhnovistes ne soient cernés à Fedorovka, repoussés, puis battus à Constantin. D’après Voline, l’armée rouge mobilisa plus de 150.000 hommes pour terminer l’occupation de l’Ukraine.

Une dernière victoire fut remportée à Pétrovo contre deux brigades de cavalerie.
Fyodor Schuss fut tué à Poltava en Juin, Kourilenko en Juillet, Pétrenko fin Août.
Le 26 Août 1921, Makhno, gravement blessé, et une partie de son armée traversèrent la frontière roumaine pour échapper à la destruction. Taranovsky, chargé de cette opération, fut tué le 26.

VIII/Épilogue

Nestor Makhno en France

Les anarchistes survivants (Dont Voline et Archinov) furent nombreux à partir pour s’installer en France. Makhno devint ouvrier dans une usine automobile.
En terme de théorie, Makhno devint également durant son exil le père du « Plateformisme », doctrine d’organisation libertaire développée pour donner aux anarchistes ce qui leur avait fait défaut en Russie : la préparation et l’adaptation rapide. Cette théorie fut très largement critiquée. Errico Malatesta sera l’un des principaux opposants au plateformisme.
Nestor Makhno mourut en 1934 de maladie.

Bibliographie :
-Piotr Archinov, 1924, L’Histoire du mouvement makhnoviste (1918-1921), 384p
-Voline, 1947, La Révolution inconnue, 458p
-Jean-Jacques Marie, 2005, Histoire de la guerre civile russe (1917-1922), 427p
-Malcolm Menzies, 2017, Nestor Makhno, 247p
-www.Makhno.ru (russe)
-Wikipedia : Battle of Perogonovka, Siege of Perekop (anglais)

Un commentaire sur “La Makhnovchina Ukrainienne (1918-1921)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s