L’anarcho-communisme

Pierre Kropotkine (1842-1921)

Carlo Cafiero (1846-1892)

Ouvrages majeurs :
« La conquête du pain »(Kropotkine)
« L’Anarchie » (Malatesta)
« Anarchie et organisation » (Malatesta)

Le « tien » et le « mien » est beaucoup moins strict parmi les pauvres que parmi les riches (Kropotkine)

Le communisme contre le collectivisme

L’anarcho-communisme est la forme la plus radicale de l’anarchisme social, théorisée par Pierre Kropotkine, ainsi que Errico Malatesta ou Carlo Cafiero. Se définissant dans son opposition au collectivisme libertaire, il se distingue par une mesure fondamentale : la suppression de toute forme de monnaie.

Aux yeux des anarcho-communistes, la rétribution du travail telle que préconisée par les bakouniniens (Supposant une quantification de la valeur du travail) nécessiterait forcément un centralisme économique, dans le travail de quantification autant que dans celui de production et de distribution de la monnaie. Ce centralisme s’oppose dès lors aux principes de l’anarchisme.
Le caractère inégalitaire issu de la rétribution du travail sur base du mérite est très critiqué également, car générateur d’une hiérarchisation des individus selon leurs capacités. L’idéal communiste doit donc être : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

La théorie anarcho-communiste
Pour donner à chacun selon ses besoins, il s’agit de pouvoir quantifier ces besoins. Les communistes libertaires préconisent l’emploi des associations et fédérations de producteurs au recensement des besoins et des priorités (à l’image des sondages et réunions de consommateurs), et de la comparaison entre les capacités d’offres et la demande ; ceci de façon décentralisée.

Pour remédier à l’absence de monnaie, Kropotkine défendait le principe de la « Prise sur le tas » : les individus peuvent librement se servir dans les magasins communaux. Il n’y a pas de salaires, mais en contrepartie tout est libre d’acquisition, à condition que vous soyez un travailleur (Ou un individu ne pouvant pas travailler : retraité, enfant, malade etc) et dans les limites du principe de possession.

Les ressources présentent en quantité peuvent être librement acquises selon les besoins ; celles qui se raréfient sont rationnées et données à ceux qui en ont besoin en priorité, suivant donc le principe du recensement du besoin par les associations et fédérations de producteurs.

Pour les anarcho-communistes, il n’y a pas de risque que les individus se mettent à accumuler inutilement des ressources : Tandis que dans le système capitaliste, accumuler des ressources et des marchandises sert à faire de l’épargne, s’assurer contre les crises et accidents, et (pour les classes les plus riches) pour montrer une aisance matérielle et un « bon goût » à la mode (choses nécessaires pour conserver son rang au sein de la bourgeoisie), dans un système de « prise sur le tas », le problème de l’épargne et de l’assurance sont résolus naturellement et il n’y a aucune nécessité de faire étalage de son capital. Les individus tendront à prendre ce qui leur est nécessaire.

Sur ces bases, les associations et fédérations de producteurs et de consommateurs s’organisent entre elles.

Des exemples concret de communisme pour Kropotkine étaient par exemple les transports en commun auxquels les individus « s’abonnent » annuellement, et estimait que ce modèle pouvait être appliqué dans de nombreux domaines.

La révolution selon les anarcho-communistes

Les communistes libertaires prendront dans un premier temps la défense de l’action directe (Dont la première manifestation fut une insurrection dans le Bénévent italien -Centré sur les villages Letino et Gallo- sous l’action d’Errico Malatesta), puis la propagande par le fait.

Malatesta défendra après coup une version moins extrême et radicale de la théorie de Kropotkine. Il présente l’idée du « gradualisme libertaire » comme une alternative à la révolution violente ; il se montre également moins virulent contre les autres formes d’anarchisme.

« Si pour vaincre il faut pendre sur les places publiques, je préfère être vaincu. » (Errico Malatesta)

Errico Malatesta (1853-1932)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s